Au Fil du Temps

carnet de route et instants de vie d' Elfyne
 
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 comment c'était au moyen âge ?

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Elfyne

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MessageSujet: comment c'était au moyen âge ?    Sam 10 Mar - 21:51

---fromFRpidou a écrit:
Le mariage



Le consentement des deux conjoints est nécessaire.

La cérémonie est sacralisée, bénie par un prêtre (mais il peut y avoir des exceptions).

Pour protéger la femme contre son mari, il est ordonné à celui-ci de lui constituer un douaire, un capital, dont le montant est fixé au tiers ou à la moitié de ses biens selon les régions.
A la mort de la femme, le douaire revient aux enfants de son époux, même si elle est remariée.

La répudiation est interdite.

L'adultère est sérieusement condamné.

Le divorce n'est autorisé qu'en trois cas après une enquète de moralité effectuée par un prêtre et la consultation de témoins :
- la stérilité ou l'impuissance ;
- la consanguinité étendue au 7° degré de parenté ;
- l'ordination ultérieure de l'un des conjoints (de nombreuses femmes furent obligées d'entrer au couvent à une certaine époque. Charlemagne, pour former des alliances, n'hésita pas à utiliser ce procédé).

En Ecosse, la cérémonie peut se passer de la bénédiction d'un prêtre. Il suffit que les deux conjoints affirment devant témoins être mari et femme pour que le mariage soit effectif.


Les droits



Les femmes du petit peuple et les bourgeoises jouissent d'un assez grande liberté. Majeures à douze ans, elles sont libres de gérer leurs biens, de se marier, de voter même !
Bien des métiers leur sont accessibles.
Pour la femme noble, il en va tout autrement.
Dans l'univers violent, agressif, essentiellement viril des châteaux, elle ne compte guère. Son sort est lié à la terre, seule garantie du pouvoir. Ainsi est-elle une monnaie d'échange pour les seigneurs qui désirent accroître leurs biens et assurer une descendance.
Les fillettes sont promises parfois dès leur naissance à des hommes souvent bien plus âgées qu'elles. Leur rôle est pourtant non négligeable puisqu'en l'absence de leur époux qui, lorsqu'il n'est pas en guerre, s'adonne à la chasse, c'est à elles de gérer et d'administrer leurs biens.

L'amour courtois



On ne se marie jamais au mois de mai. Lors des fêtes de mai, garçons et filles se réunissent pour chanter et danser dans les prés.
Pour célébrer le retour du printemps, les hommes et les femmes se courtisent librement.
Les jeunes gens élisent leur reine, une femme mariée, qui se choisit un partenaire autre que son " jaloux " de mari.
Dans les châteaux les liens du de la parenté sont renforcés. La femme règne en maîtresse sur le petit monde des chevaliers et des écuyers, célibataires. On aime se distraire et les fêtes sont nombreuses: mariages, tournois, adoubements,...

Le prestige de la DAME, l'épouse du seigneur est considérable dans le coeur des guerriers. Elle cristallise leurs rêves, leurs désirs, leurs espoirs. Le chevalier doit se montrer prêt à mourir héroïquement pour son amie, alors que celle-ci est censé le protéger par son amour et lui inspire vaillance et courage.
Mais l'union des coeurs devient le principe de toutes les vertus.
L'amour devient un art, une mystique, une exaltation de l'âme et une délicieuse souffrance


Les règles de l'amour courtois



Le mariage ne doit pas empêcher d'aimer

1- Qui n'est pas jaloux ne peut aimer

2- On ne peut accorder son coeur à deux femmes à la fois

3- L'amour augmente ou diminue, il se renouvelle sans cesse

4- L'amant ne peut rien obtenir sans l'accord de sa dame

5- L'homme ne peut aimer qu'après la puberté

6- A la mort de son amant(e), un délai de deux ans est nécessaire avant de s'adonner à un nouvel amour

7- Personne ne doit être privé de l'être aimé sans la meilleure des raisons

8- On ne peut aimer sans y être incité par l'amour

9- Amoureux n'est pas avare

10- L'amant doit aimer une femme de condition supérieure à la sienne

11- Le parfait amant ne désire d'autres étreintes que celles de son amante

12- L'amour doit rester secret s'il veut durer

13- La conquête amoureuse doit être difficile : c'est ce qui donne son prix à l'amour

14- Le parfait amant pâlit en présence de sa dame

15- Quand un amant aperçoit l'objet de son amour, son coeur tressaille

16- Un nouvel amour chasse l'ancien

17- Seule la vertu rend digne d'être aimé

18- Lorsque l'amour diminue, puis disparaît, il est rare qu'il reprenne vigueur

19- L'amoureux vît dans la crainte

20- La jalousie fait croitre l'amour

21- Lorsqu'un amant soupçonne son amante, la jalousie et la passion augmentent

22- Tourmenté par l'amour, l'amant dort peu et mange moins

23- L'amant doit agir en pensant à sa dame

24- Le parfait amant n'aime que ce qu'il pense plaire à sa dame

25- L'amant ne saurait rien refuser à celle que son coeur a élue

26- L'amant n'est jamais rassasié des plaisirs que lui apporte sa dame

27- Le plus petit soupçon incite l'amant à soupçonner le pire chez sa bien-aimée

28- Amour ne rime pas avec luxure

29- Le véritable amant est obsédé sans relâche par l'image de celle qu'il aime

30- Rien n'empêche une femme d'être aimé par deux hommes et un homme d'être aimé par deux femmes


L'amour chevaleresque



° L'amour est obligatoirement adultère.
Les mariages nobles n'étant pas une affaire de sentiments, la passion ne peut être trouvée qu'ailleurs. L'échange des coeurs, la fidélité promise, n'engage alors plus les biens, mais les personnes.
° L'amour exige le secret, pas seulement pour son caractère adultérin, mais aussi parce qu'il est une chose trop grave pour être divulgué.
La dame est toujours de condition supérieure à celle de son amant, un chevalier célibataire.
L'attitude de ce dernier, calquée sur le système féodal, doit être pleine d'humilité, de réserve et de soumission. Il est son " homme-lige ", son vassal, d'une loyauté et d'une fidélité sans faille.
En retour, la dame et l'amour ont le pouvoir d'inspirer au chevalier toutes les vertus, valeur morale et parfaite courtoisie.
[Croyance : seul l'amour peut mener l'homme à la perfection morale puisqu'il engendre et développe toutes les vertus.]
° La dame est lointaine, inaccessible, nimbée de mysticisme.
Dans sa conquête amoureuse, le chevalier est confronté à des obstacles, des épreuves ; ce peuvent être : le mari jaloux, l'éloignement de la personne,... Il faut être prêt à mourir pour l'élue. En retour, la dame accorde à son amant un baiser, une étreinte, ou la joie d'admirer sa nudité.
° La chasteté est la fois l'épreuve et la récompense suprême : la petite cérémonie de l' assag (l'essai). Elle donne à la dame le moyen de vérifier dans qu'elle mesure son ami est capable de la respecter, alors que, couché à côté d'elle, il est dans une situation extrêmement tentatrice.
Tous les subterfuges érotiques sont autorisés, à condition de ne pas en venir au fait (baisers, étreintes, caresses).


vous pourriez le mettre en annonce svp Rolling Eyes
Mis en annonce par ~*Marin*~


Dernière édition par Elfyne le Lun 15 Oct - 13:07, édité 1 fois
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Elfyne

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MessageSujet: Re: comment c'était au moyen âge ?    Sam 10 Mar - 21:52

---fromFRpidou a écrit:
La structure Familiale


Le père



Le père est proche de ses enfants. Il a, prioritairement, la responsabilité de les élever et de les protéger, de les former à la vie noble ou de les initier aux travaux agricoles ou artisanaux. Filles et garçons l'accompagnent aux champs, aux vendanges ou au marché pour vendre les produits de la terre. Mais il partage aussi les fonctions féminines traditionnelles jusqu'aux plus humbles gestes de la puériculture. Dans les milieux populaires, en effet, il n'hésite pas à donner le bain aux bébés, à faire cuire leur bouillie et à les faire manger. Il prend part à leurs jeux, les surveille et les soigne quand ils sont malades. À chaque nouvelle naissance, le père est tout particulièrement sollicité, car la mère, rendue impure par son accouchement et les suites de couches, est soumise à une obligation sociale et religieuse qui la contraint à garder le lit entre trente et quarante jours après la naissance, jusqu'à ses "relevailles", sa purification à l'église. Pendant cette quarantaine, le père trop pauvre pour entretenir une servante – ce qui est le cas de la majorité des familles rurales ou artisanes – doit continuer son activité professionnelle tout en assurant la totalité des tâches domestiques : le ménage, les courses, l'épuisant approvisionnement en eau, la cuisine, sans omettre les soins des enfants déjà nés. Tout va bien si un (ou une) aîné(e) est assez grand(e) pour l'assister. Mais, l'intervalle entre deux naissances ne dépassant pas deux ans, le cas le plus répandu dans les premières années de la vie conjugale est sans doute celui d'un père surchargé de très jeunes enfants échelonnés entre 2 et 6 ans, s'évertuant à tenir la maison sous le regard de son épouse alitée !

La mère



La mère assure, avec l'aide des aînés, voire d'une nourrice, le gros des soins aux tout-petits, qui demeurent longtemps dépendants d'elle en raison d'un allaitement de longue durée. Elle transporte le dernier-né partout grâce à un porte-bébé en tissu ou en bois, ou à un petit berceau qu'elle porte sur la tête. Elle allaite en public, où qu'elle soit. Elle cuisine pour les enfants. Mais elle assume encore bien d'autres rôles, qu'on aurait crus réservés au père. C'est elle qui se voit chargée de l'éducation morale et de l'instruction catéchistique, sur laquelle, surtout en milieu rural, elle en sait plus que les hommes de la famille. En ville, les mères sont même capables d'enseigner les rudiments de l'instruction intellectuelle. Depuis le XIIIe siècle, bien des épouses de petits artisans savent lire, écrire et compter, savoirs indispensables à l'exercice de leur profession, car elles aident leur mari.

Grands-parents, oncle et tante



Les enfants ont peu de contacts avec leurs grands-parents. Du côté maternel, ces derniers habitent souvent dans une ville différente ; du côté du père, souvent plus âgé que la mère, les grands-parents sont généralement décédés depuis longtemps. Seuls les membres des grandes familles, qui rassemblent plusieurs générations sous le même toit d'un château ou d'une vaste propriété, accueillent parfois un aïeul survivant, lequel s'occupe alors avec tendresse des plus jeunes.
Les oncles et les tantes contribuent également à leur éducation. Dans les milieux aristocratiques, les oncles, notamment maternels, assurent la formation chevaleresque de l'enfant. On connaît moins leur rôle dans les milieux modestes.


Parrains et Marraines



À la fin du Moyen Âge, leur rôle est plus symbolique que pratique, et limité aux grands moments de la vie : les parrains et marraines, par exemple, mènent le nouveau-né sur les fonts baptismaux et portent l'enfant défunt au cimetière. Ils sont censés être les garants de l'enfant auprès de l'Église et doivent, en théorie, lui enseigner les rudiments de la foi ; dans la pratique, c'est la mère qui se charge de cette tâche.

La nourrice



La nourrice est en tout point une mère de substitution, surtout lorsqu'elle vit au foyer des parents. Sa fonction principale est d'allaiter l'enfant dont elle a la charge, parfois jusqu'à l'âge de 2 ou 3 ans. Elle joue aussi un rôle essentiel dans l'éducation et le soutien psychologique des petits. Elle est présente dans tous les milieux, dès qu'une famille, même rurale, est assez aisée pour payer ses gages. Les sentiments mutuels d'affection qui se nouent entre les enfants et leur nourrice, qui habite souvent au foyer parental, sont si forts que les parents s'en plaignent, redoutant de se voir supplantés dans le cœur de leurs propres enfants.
Si l'on en croit les médecins de l'époque, la nourrice idéale doit avoir entre 25 et 30 ans, être en bonne santé, avoir un heureux caractère pour ne pas rendre l'enfant triste, être dotée d'une intelligence certaine pour ne pas le rendre sot. Elle doit ressembler le plus possible à la mère, car on croit que, par le lait, la femme continue de façonner l'apparence physique et l'esprit du bébé, et de lui transmettre la mémoire familiale ; dans les faits, néanmoins, les familles riches d'Italie ou de la France du Sud n'hésitent pas à engager des esclaves noires… La nourrice n'a pas le droit d'être enceinte, car le lait d'une femme qui attend un enfant est jugé nocif. Les contrats d'engagement des nourrices prévoient ce cas de figure et sa sanction : le renvoi immédiat.


Les frères et soeurs



Très souvent, la mère est retenue dehors toute la journée : à la campagne, les travaux agricoles ne manquent pas ; à la ville, elle peut être porteuse d'eau ou vendeuse de rue. Prendre un bébé avec soi dans ces conditions n'est pas toujours facile. Quand une famille ne peut s'offrir le luxe d'une nourrice, la garde des tout-petits est alors confiée aux aînés, garçons ou filles, parfois dès 3 ans. Selon leur âge, il peut s'agir d'une responsabilité de quelques minutes ou de quelques heures. Le premier-né, évidemment, n'a pas cette chance ; la mère doit se résoudre à le laisser à la maison sous la protection d'un saint… Ces pratiques peu fiables sont la cause d'accidents domestiques variés qui entraînent la mort de nombreux enfants.
Pour autant, avoir des frères et sœurs ne constitue pas seulement une responsabilité écrasante : comme le rappelle joliment un poème juif du XIIe siècle, composé en Espagne, l'enfant est "le rire de ses frères". Dans un monde où les pères laissent souvent des enfants orphelins, l'établissement de bonnes relations entre frères et sœurs est une obligation de survie. Face aux tâches de la vie domestique, garçons et filles sont sur le même plan. C'est leur rang dans la fratrie qui leur confère leur rôle social ; l'aîné, quel que soit son sexe, est toujours investi d'une responsabilité de type parental.
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MessageSujet: Re: comment c'était au moyen âge ?    Sam 10 Mar - 21:53

---fromFRpidou a écrit:
Naître au Moyen-Age



Tout d'abord, tu dois savoir que naître au Moyen-Age n'est pas sans risque, que ce soit pour la mère ou pour l'enfant. Beaucoup de nouveaux-nés meurent à la suite d'un accouchement difficile ou à cause de mauvaises conditions d'hygiène. Seuls deux enfants sur six parviennent à leur huitième année. Les maladies et les malnutritions ont souvent raison de leur pauvre état de santé. Même dans les milieux les plus riches, les enfants meurent très jeunes.

Pour cette raison, une femme au Moyen-Age devait mettre au monde au moins sept enfants pour pouvoir assurer une descendance. Si l'enfant survit à l'accouchement, il faut alors le baptiser rapidement, car tout risque de mortalité n'est pas encore écarté. Dans le contexte religieux de l'époque, le baptême est très important, car un enfant qui mourait sans avoir été baptisé risquait de ne jamais aller au «paradis».

Lors du baptême, on donne également un nom à l'enfant. Les prénoms les plus courants pour les garçons sont : Jean, Guillaume, Pierre, Antoine ; et pour les filles : Jeanne, Margueritte, Blanche.

Par la suite, on ajoute souvent un petit diminutif à ces prénoms qui reflète la personnalité ou l'apparence physique de la personne : Guillaume le petit, Pierre le râleur.
Ces surnoms peuvent aussi suggérer un lieu d'habitation : la fontaine, des bois ; un métier : le tisserand, la chambrière ; un pays ou une région : l'Englois, le Breton.
Tu te souviens, moi, on m'a appelé Pierre le bienheureux. C'est vrai que je suis toujours très gai.


Manger au Moyen-Age



Les repas des enfants au Moyen-Age étaient bien différents selon s'ils se prenaient dans une famille riche ou pauvre.

Pour un enfant noble, la journée se déroule de la façon suivante :
- Lever à 7 ou 8 heures
- « Petit déjeuner » : un oeuf dur ou mollet, une pomme cuite, du pain frais.
- 10 heures : « dîner » : bouillon de poule ou de boeuf, viande, lait ( le lait d'ânesse est très apprécié), et en dessert, un fruit : pomme ou poire.
- 18 heures : « souper » : purée de légume, éventuellement de la viande, lait, fruit.
- 20 heures : coucher.

Les enfants de paysans : les fils et filles de paysans n'avaient pas une alimentation aussi riche. Ils se contentaient bien souvent d'un simple bouillon de légumes avec un peu de gras et un morceau de pain. Chez les paysans les plus riches, on se nourrit avec les produits de la ferme : lait, lard, oeufs et de la cueillette de fruits sauvages : fraises, mûres, cerises .

Lors de manifestations particulières, fêtes, noces, baptêmes . des repas spéciaux étaient cuisinés.
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MessageSujet: Re: comment c'était au moyen âge ?    Sam 10 Mar - 21:56

---fromFRpidou a écrit:
Merci à Swip pour son aide Smile


un code d'honneur établi par l'Eglise : l'Esprit chevaleresque


L' idéologie chevaleresque prend plusieurs directions : militaire festive courtoise et surtout, religieuse.



D'un point de vue militaire

Le chevalier recherche la gloire et tente de prouver son courage, sa force et ses capacités militaires (combat et stratégie)... D'où le rôle des tournois attestés depuis le XIIe siècle mais existant sans doute depuis beaucoup plus longtemps. Le tournoi est un entraînement à la guerre dans des conditions réelles, on peut entre autre être blessé, être fait prisonnier (avec demande de rançon) ce qui est l'occasion de ruines ; plus rarement, on peut être tué. On est souvent blessé.


Malgré l'interdiction par l'Eglise de ce genre de pratiques, elles se développent. Il faut savoir également que les joutes du style de celles décrites dans des romans comme "Ivanohé" n'existent pas, les tournois opposent deux armées, jamais deux hommes



D'un point de vue festif

Le chevalier doit montrer sa puissance et sa gloire : il se montre donc généreux en offrant des banquets fastueux, plus un homme est riche, plus il se montre généreux, plus il est puissant car il s'attire les faveurs de ceux qui en bénéficient.


D'un point de vue courtois


Le monde des chevaliers est un monde particulièrement brutal (admirablement décrit dans "la chanson de Roland" avis aux amateurs). L'idéologie courtoise apparaît de façon certaine au XIIesiècle en Aquitaine et se répand grâce à sa dame : Aliénor.

L'amour courtois fait apparaître le sentiment amoureux dans les relations entre hommes et femmes.

Il exalte l'amour hors-mariage : comme tous les mariages sont arrangés et que l'Eglise impos l'indissolubilité du mariage cela devient naturellement le seul amour possible. Mais cet amour n'est pas consommé, il est essentiellement spirituel et toujours platonique. Il inverse le rapport
dominant/dominé : puisque la femme décide.

Enfin, il permet à la société chevaleresque de se policer : on s'intéresse à l'art et à la culture (chansons et poèmes pour plaire à sa Dame...)


D'un point de vue religieux.

En l'an mil, la chevalerie est mal perçue par l'Eglise, c'est un monde par trop violent, qui n'obéit pas à l'idéologie chrétienne. Aussi, l'Eglise cherche-t-elle à imposer des règles aux chevaliers en les empêchant de se battre tout le temps et contre n'importe qui. L'Eglise cherche à récupérer les chevaliers en vue d'en faire les champions de la paix et de la justice.
Mais, avant tout, l'Eglise demande à la chevalerie sa propre protection... Puis, celle de la veuve et de l'orphelin c'est à dire, les hommes qui n'ont pas le droit de porter les armes (paysans, marchands, femmes et enfants)

Vers 1130, cette idéologie chevaleresque prend un nouvel élan avec la création de l'Ordre du Temple. CETTE IDEOLOGIE EST ACCEPTEE EN THEORIE, elle ne fait pas valeur de loi et certains ne la respectent pas.

De ce fait, en 989, est mise en place ce que l'on appelle la Paix de Dieu, afin de renforcer cette idéologie et tenter de canaliser la
violence de la société chevaleresque. Les principales directives du texte sont :

Ne pas tuer gratuitement les animaux, du fait de leur importance économique.

Moines, clercs et femmes ne portent pas d'armes en théorie, ils sont protégés par la Paix de Dieu et ne doivent pas être attaqués.

On ne se bat pas les jours saints, qui rappellent la passion du Christ.
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MessageSujet: Re: comment c'était au moyen âge ?    Sam 10 Mar - 21:57

---fromFRpidou a écrit:
Description d'un mariage

Le soleil s'est levé en plein bleu. Les cloches des petites églises rurales annoncent la messe. Tout parait calme. Mais à la Ferté-Henri, on s'agite. La jeune fille est entourée de dames et de servantes qui sont fort occupées à l'atourner.
Il n'y a pas, à cette époque, de toilette spéciale pour le jour des noces. La fiancée se revêt seulement de ses plus riches et plus beaux habits.
Ce qui l'occupe d'abord le plus longuement, ce sont ses cheveux blonds : elle aimait, jusqu'ici, les porter flottants sur ses épaules, mais elle ne veut plus désormais les avoir que tressés. Armée de son peigne d'ivoire, elle sépare donc ses cheveux en deux grosses nattes. Sa servante lui présente des rubans, des bandelettes de soie, des galons d'or qu'elle entrelace habilement avec ses cheveux. C'est ce qu'on appelle des crins galonnés. Et Aélis n'a point besoin d'emprunter de faux cheveux, comme tant de femmes sont contraintes de le faire. Au bout d'une demi-heure, les deux nattes sont achevées et tombent sur son dos, luisantes et lourdes. Par un geste charmant, elle les ramène sur le devant de ses épaules, se regarde un peu dans le miroir et s'estime satisfaite.
Elle n'a pas besoin de se teindre ou de se poudrer de safran. Gautier de Coincy, dit que certaines femmes de son temps étaient « ensafranées ». Aélis n'est pas de celles-là : telle elle est sortie du bain hier au soir, telle elle est aujourd'hui
Blanche est comme fleur de lis
Mais ceci est de droite nature,
Sur elle n'y a autre teinture.
(Dumars.)

A ceux qui trouvent que la toilette est longue, elle pourrait répondre que ce jour-ci ne ressemble pas aux jours ordinaires et qu'elle, Aélis, n'est point comme celle de la chanson
Quand la belle fut levée
Et quand elle fut lavée,
Ja la messe fut chantée...

Certes, jeunes filles et femmes nobles ne s'habillaient pas tous les jours avec de beaux vêtements d'apparat. Ceux-ci les rendaient en effet raides comme des statues. Les châtelaines du XIIe siècle savaient fort bien « s'aisier » (1) le reste du temps. Mais, pour un jour de noces, c'est bien différent. Si on ne portait pas le grand costume, quand le porterait-on ?
Aussi, la chambre de la jeune fille est-elle éblouissante de soie et d'or. Tous les vêtements de luxe y sont étalés sur des perches. C'est un pèle-mêle fulgurant.
Mais il est temps qu'Aélis choisisse entre tant de richesses. La toilette commence : grande affaire.


La toilette de l'épouse

La chemise, en fine toile de lin, est blanche « comme fleur des prés » avec une légère teinte de safran qui n'est pas désagréable. Son luxe ne consiste qu'en petits plis ou « rides » d'un effet charmant. Elle n'est pas même ornée d'une broderie d'or aux manches et au cou, car Aélis s'est souvenue du prédicateur qui tonnait, l'an passé, si fort contre le luxe de l'habillement féminin et prétendait que certaines chemises coûtaient plus cher que le surplis d'un prêtre !
Sur cette chemise. Aélis revêt cette sorte de robe qui forme l'élément principal du costume des femmes, comme de celui des hommes : le pelisson hermin. C'est une très fine fourrure d'hermine enfermée entre deux étoffes, de façon à n'apparaître qu'aux bords du vêtement, aux manches et au cou. L'une de ces étoffes, celle qui touche directement la chemise et que l'on ne voit pas, est de la soie, un cendal de haute valeur. Il est, pour Aélis, de rouge foncé, presque violet. Un léger galon d'or pare le bout des manches qui sont serrées au poignet, et le bas de la jupe, qui s'arrête à la cheville. Une passementerie semblable agrémente l'encolure que l'on appelait tout bonnement la goule du pelisson. Le vêtement, assez étroit et ajusté, n'est pas toujours d'un effet gracieux. Il engonce au point qu'on a dû supprimer la fourrure du corsage et de la jupe pour ne laisser un peu d'hermine qu'à l'encolure et aux manches. Le pelisson a tourné à la robe. Il est d'ailleurs couvert de la tunique de dessus, le bliaut, qui le cache presque tout entier. Ici, le luxe éclate. C'est le vêtement des grandes fêtes qu'on ne porte pas plus de vingt fois par an. Cette belle tunique, très légère, en soie verte brochée d'or, descend presque aussi bas que l'habit du dessous. Les manches, très larges et fort longues, traînent jusqu'à terre et l'on voit, par-dessous, les manches ajustées du pelisson avec leur étoffe violette et leurs galons d'or. Le corsage du bliaut est collant, avec un petit décolletage carré sous lequel on aperçoit la goule de la robe fourrée. La jupe, fendue par derrière, est à tout petits plis. Entre le corsage et la jupe, une pièce d'étoffe souple et légère, très ajustée, épouse étroitement les hanches et le ventre. Cette « pièce de milieu » se lace par derrière comme le corsage lui-même dont elle forme le prolongement et est serrée autant qu'il est humainement possible! Toute 1'encolure de ce bliaut d'apparat est ornée de larges galons d'or; les manches, munies du même galon, sont tailladées et coupées. Mais ce qui frappe surtout, c'est la ceinture, magnifique, jetée négligemment sur les hanches et qui retombe par-devant jusqu'au bas du bliaut. Un orfèvre y a enchâssé des topazes, des agates, des escarboucles et des sardoines (2).
Pendant le temps qu'elle s'habillait, Aélis s'était contentée d'une chaussure découverte destinée à la chambre, ses eschapins, il lui faut maintenant mettre ses souliers de noces, deux petits souliers très étroits, à bec pointu, en beau cuir de Cordoue brodé d'or. Sur sa tête, elle ajuste un petit voile circulaire et sur ce voile (difficile à bien fixer), on lui pose son cercle d'or garni d'émeraudes et délicatement émaillé, véritable couronne qui le voile fait délicatement ressortir. Adieu, les simples chapels de roses qu'elle portait jadis su temps de la Pentecôte et qui coutaient si peu.
C'est fini, la toilette de noce est achevée. Un dernier regard sur le miroir. Aélis n'est pas mécontente de son chef-d'oeuvre. Elle sait bien qu'elle ne le portera qu'aux grands jours de fête et qu'il finira, quand il sera usé, en quelque pauvre moutier où il servira à faire chasubles et chapels. Elle sait bien que, chaque jour, elle se contentera d'une bonne cotte de laine ou de drap, d'un bliaut tout d'une pièce serré aux fiants par une simple cordelette, une guimpe sur la tête et, aux pieds, des souliers qui ne seront pas brodés. Mais, pour ce jour solennel, elle se réjouit d'être belle.


La toilette de l'époux

Aidée de ses servantes, de sa mère (qui ne la trouve jamais assez belle), de son miroir, Aélis n'a guère mis que quatre heures à s'habiller! Il en a suffi d'une à son mari pour procéder à sa toilette. Mais, malgré sa nature vive, notre jeune chevalier a aujourd'hui des trésors de patience. Son costume a pourtant plus d'une affinité avec celui d Aélis. Comme Aélis, il porte chemise, pelisson, manteau et chapel. Ses jambes sont couvertes de chausses en soie brune qu'il a fait venir de Bruges. Sa chemise est de belle toile blanche, solide et fine. Son « pelisson hermin » est semblable à celui qu'Aélis porte tous les jours. C'est de la pelleterie enfermée entre deux étoffes, 1'une de toile, l'autre celle qu'on porte au-dehors, de soie : un beau paile rouge incarnat, broché d'or, avec des gueules d'hermine à l'encolure et de larges galons d'orfroi au cou et aux manches. Le bliaut est une tunique, moins longue que le pelisson et qui n'a pas plus de quatre pieds de haut. Elle est en soie légère, en cendal bleu foncé. Ses manches sont serrées au poignet et évasées en haut du bras. Des orfrois, bien plus larges que ceux du pelisson, décorent non seulement ces manches, mais le bas de l'encolure qui est munie d'une fente verticale. Sous le galon, le bliaut est entaillé ou, pour être ici plus exact, gironné (3). Le manteau, qui est demi-circulaire, est doublé de fourrure : car c'est là le grand luxe et, dût-on suer à larges gouttes, on met partout du vair et du gris, de l'hermine et de la martre. La soie de ce manteau est la même que celle du pelisson : même grain, même couleur. Sur le devant et au bas, à droite et à gauche, éclatent quatre pièces carrées, très riches, qui sont brodées d'or et sur lesquelles on a jeté des pierres fines : ce sont les tasseaux. Une agrafe retient élégamment ce splendide vêtement sur l'épaule droite.
Reste la tète, la jeune tète bouclée qu'il faut parer. Nore baron entoure son front d'un chapelet auquel il a voulu donner la même forme qu'à celui d'Aélis, il l'a fait incruster des mêmes émeraudes, orner des mêmes émaux.
C'est fini : la toilette de noces est achevée. Les deux jeunes gens sont prêts à partir.


La cérémonie

L'église n'est pas loin et les cloches tintent joyeusement. Nos mariés ont décidé de s'y rendre, selon l'usage, à cheval. Le cortège s'organise devant le perron. En tête, s'avance un groupe de jongleurs formant un véritable orchestre : vielles, flûtes et harpes. Les joueurs sont déjà de belle humeur, car, si 1'Eglise exige des fiancés qu'ils se marient à jeun, elle n'astreint pas les jongleurs à une telle pénitence.
Aélis, après avoir mûrement réfléchi, a choisi une mule, monture généralement adoptée par les dames de son temps. Rien n'est plus charmant que la bête qui l'attend : c'est une belle mule noire au magnifique harnachement. La sambue (la selle) est ornée d'ivoires incrustés d'or ; la couverture est en samit écarlate. Sur le frontail éclate une escarboucle qui brille la nuit et passe pour préserver de toutes les maladies. Le poitrail est muni de trente grelots d'argent et, quand la bête se met en marche, toute cette sonnetterie est agréable à entendre.
Derrière, se tient le mari, bien campé sur son palefroi qui piaffe, sur sa selle émaillée de fleurettes d'azur, avec ses heuses (4) de cordouan qui recouvrent et préservent ses soullers brodés d'or. Près d'eux leurs mères, montées sur des mules affeutrées (5), le grand-père d'Aélis (elle a perdu son père), puis, deux par deux, trois par trois, les parents et les amis, revêtus de la magnificence des mêmes costumes, les femmes en bliaut d'apparat, les tresses blondes étalées sur leurs manteaux de soie, le cercle d'or au front. Sur une sorte de char peint à fleurs sont assis les plus vieux invités. Tout le long du chemin, les vassaux, les paysans, les bourgeois venus de la ville, regardent passer le cortège.


Le moment du départ est arrivé.

L'église est au sommet de la colline. Nos gens descendent de leurs montures pour gravir la côte. Le grand-père d'Aélis « en sa brace la prent ». Le chemin et les marches qui mènent au moutier ont été couverts de glaïeuls et de roses qui répandent un parfum pénétrant. Les conversations vont leur train. Les rires s'entrecroisent gaiement. Soudain tout cesse, le prêtre a paru. C'est sous le porche qu'a lieu en effet le véritable mariage et les cérémonies de l'église n'en seront que le complément et la parure. C'est sous le porche peuplé de statues de pierre, en présence de nombreux témoins, que les deux fiancés vont donner à leur union leur libre et solennel consentement. Le prêtre pose les questions qu'exige la sagesse de l'Eglise
« Vous avez l'âge voulu. Vous n'êtes point parents. Vous êtes chrétiens tous deux. Vos parents consentent. Les publications ont été faites, et les bans proclamés trois fois dans l'église paroissiale, pendant l'office. Personne ne s'oppose à votre mariage. Vous avez des témoins. Quelques centaines, dites-vous ? Deux auraient suffi. Nous sommes en un temps liturgique où l'Eglise permet la célébration des noces. Tout est bien, et il ne me reste plus qu'à vous demander solennellement votre consentement au mariage. C'est le moment de vous recueillir, de vous dire en vous-mêmes que vous allez avoir de grands devoirs à remplir, et de penser à Celui qui, pour bénir d'avance tous les mariages de ce monde, assista aux noces de Cana. Priez. »
D'une voix forte et qui porte loin, le prêtre leur demande le consentement sacramentel et l'on entend les deux jeunes voix qui répondent : « Oui, je, Henri, te prends pour femme. - Oui, je, Aélis, te prends pour mari. » Les deux époux ont la main droite dans la main droite. Ils sont mariés.
C'est alors - parce qu'il faut songer ici aux intérêts temporels - qu'on donne lecture du contrat de douaire et des divers éléments dont se compose la dot de la femme. Puis, les deux époux et leurs familles se mettent à distribruer des deniers aux pauvres qui attendaient avec impatience ce moment. Ensuite a lieu la « dation » de la femme à son mari par son père et par sa mère. Pour Aélis, c'est sa mère, veuve, qui s'avance vers le jeune baronet lui donne sa fille. La main nue de l'époux presse alors la main de l'épouse : « A tout jamais dans la foi de Dieu et dans la mienne, saine ou malade, je promets de la garder. »
Vient ensuite la cérémonie de l'anneau. Quand le prêtre est sorti de l'église, il tenait un livre entre les mains et, sur ce livre, un anneau d'argent qui brillait au soleil. Cet anneau, il le bénit, ou bien (selon les diocèses) l'asperge d'eau bénite et récite sur lui cette prière : « Que le Créateur et le Conservateur du genre humain, que le Donneur de la grâce et de l'éternel salut, fasse descendre sa bénédiction sur cet anneau. » Alors l'époux prend le cercle d'argent et le met successivement à trois doigts de la main droite de sa femme en disant tout à tour Au nom du Père ; puis, du Fils ; puis, du Saint Esprit. Et il le glisse enfin à un des doigts de la main gauche. C'est là qu'Aélis le portera jusqu'à sa mort, en signe d'affection et de fidélité. Et, en le glissant définitivement, il prononce ces paroles : « De cet anneau je vous épouse; de mon corps, je vous honore; de mon bien, je vous doue. »
Suivant la vieille coutume franque, le marié offre alors symboliquement à son épouse le sou et le denier (c'est le dernier souvenir du rite de l'achat).
Il place délicatement dans la bourse d'Aélis trois deniers neufs.
Les portes de l'église s'ouvrent alors à deux battants. Les mariés s'avancent entre deux haies d'amis et de curieux. Arrivés au milieu de la nef, ils se prosternent et restent ainsi inclinés quelques instants tandis que le prêtre les bénit
« Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob, jetez dans l'intelligence de ces deux jeunes gens les semences de la vie éternelle. » Puis, s'adressant au jeune couple : « Que Dieu vous bénisse et vous apprenne lui-même à lui être agréables clans votre corps et dans votre âme. » Là-dessus, les deux époux se relèvent et sont conduits dans le choeur, tous deux près l'un de l'autre, la femme à la droite de son mari. La messe commence.
A l'Offertoire, les deux époux, cierge en main, font leur offrande. Après le Sanctus, ils se prosternent de nouveau pour recevoir la bénédiction solennelle du prêtre. C'est alors que quatre jeunes barons étendent un voile de couleur pourpre au-dessus de la tête des mariés.
C'est un rite antique et jadis un voile enveloppait entièrement le jeune couple, symbolisant la délicatesse avec laquelle les époux devront cacher leur amour que Dieu bénit.
La messe s'achève. L'Agnus Dei vient d'être chanté. Mais voici encore une scène charmante. L'époux s'avance à l'autel et reçoit du prêtre le baiser de paix. Il le reporte à sa jeune femme qu'il embrasse délicatement au milieu du sanctuaire, au pied du crucifix.
On sort de l'église à travers une foule compacte et bruyante. Les jongleurs prennent de nouveau la tête du cortège.
Dames et chevaliers remontent sur les mules et les chevaux. La route est toute tapissée de feuillages verts. Dans les « encensiers », les parfums brûlent en plein air.


La fête

A un carrefour de la route, toute une cavalcade vient au-devant des nouveaux époux. On s'embrasse, on rit, et les deux cortèges réunis se dirigent vers le château où tout est prêt pour les recevoir. C'est dans la grand'salle, la salle pavée, que la réception a lieu. Depuis plusieurs jours, on l'a disposée et parée à cet effet. On l'a badigeonnée et peinte de nouveau. On a couvert les murs de tapisseries et de pièces de soie rouge et verte. Le pavé est jonché de roses et de joncs. Elle est superbe, cette salle, et le cortège y fait une entrée solennelle. Deux par deux, les mariés, leurs parents et leurs amis s'avancent vers le perron et en montent lentement les degrés.
Toutefois, on ne dîne pas dans la salle, mais dans la prairie voisine, sous la tente. Les invités sont très nombreux, car plus on a de grands personnages à ses noces, et plus on est fier.
On distribue des cadeaux aux invités bliauts, manteaux, hanaps. Et c'est à peine si notre chevalier trouve un instant pour se réfugier dans sa chambre et... embrasser sa femme !
Les trompettes qui sonnent annoncent que le dîner est prêt. Les tables sont dressées sous des tentes. La plus belle d'entre elles, toute de soie bleue, est destinée aux nouveaux époux, à leurs parents les plus proches, aux invités les plus illustres. On se place peu à peu. Les sénéchaux portent des paons rôtis sur des plats d'or. Derrière les jeunes mariés, assis l'un à côté de l'autre, se tiennent deux chevaliers qui ont tenu à honneur de les servir. Ils remplissent les deux hanaps que l'époux leur tend. La belle « au clair visage » y trempe ses lèvres en même temps que son mari.
Les plats défilent et ils sont innombrables. On parlera longtemps de ces noces dans le pays ! Groupés dans un coin, les jongleurs jouent leurs plus beaux morceaux, font quelques tours pour attirer l'attention. C'est seulement à la fin du repas que l'on commence à chanter et à conter.
Puis on passe aux chansons à boire. Et celles-ci sont assez gaillardes, car nos aïeux ne détestaient pas le mot cru et les femmes ne s'effarouchaient pas des grivoiseries.
Les convives se lèvent de table (ils y sont depuis trois heures), bruyants et lourds. Les damoiseaux et les bacheliers vont d'un côté, les dames de l'autre. Les premiers se livrent à des joutes et l'on a pour eux disposé des quintaines dans le pré. Un peu appesantis par le vin, ils frappent souvent avec maladresse, mais sont les premiers à rire de leur échec.
Ailleurs, sous les arbres, il y a un bal. Les chevaliers prennent les dames par la main et l'on entre dans la danse : rondes chantées par les dames elles-mêmes. Un moment, tous les danseurs s'arrêtent pour voir Aélis danser avec son mari.

On se délasse en soupant. La nuit tombe.
A la porte de la salle, se présente un prêtre accompagné de deux clergerons. Il vient bénir la chambre nuptiale, le lit « paré d'un covertor ». Le prêtre, en étole, fait le tour du lit lentement en multipliant les bénédictions : « Bénissez vous-même ce lit nuptial, mon Dieu, afin que ces chrétiens reposent dans votre paix et vieillissent dans votre amour. Que la main de Dieu soit sur eux et qu'il fasse descendre du Ciel un de ses ancres pour être ici leur gardien en tous les jours de leur vie. » Puis il s'éloigne après avoir dit aux époux qui étaient restés agenouillés durant toute la cérémonie : « Soyez en paix, que Dieu demeure avec vous. »
Les dames couchent la mariée et se retirent. Les nouveaux mariés restent seuls.
La nuit furent ensemble, firent leur volonté. (Le Chevalier au Cygne.)
Imitons ici la discrétion de nos Chansons de geste.
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Elfyne

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MessageSujet: Re: comment c'était au moyen âge ?    Sam 10 Mar - 21:58

---fromFRpidou a écrit:
Les coiffures

Les gens du Moyen Âge ne conçoivent pas de vivre tête nue.



La variété des couvre-chefs, tant masculins que féminins, est flagrante dans toute image d'un groupe de personnes.

Les coiffures féminines



Les femmes de plus haut rang portent des coiffes à cornes cachant complètement leurs cheveux tirés en arrière.
Ces coiffes sont recouvertes de tissu façonné et parfois d'une résille. Un type de coiffure féminine répandu dans l'Italie du Nord, visible sur cette image, est le « balzo », bourrelet de cheveux vrais ou faux enroulé autour de la tête en bandeau retenu par des rubans.
Dans le même groupe de femmes, on voit que certaines portent un simple voile blanc tombant sur leurs épaules. Quand elles sont vieilles, les femmes s'entourent toute la tête, y compris le menton, dans des linges blancs appelés touailles.
La touaille est une pièce de tissu étroite et très allongée qui fait partie du trousseau de la mariée et sert à tout dans la maison : torchon, serviette, essuie-mains, maillot, bandage... on en enveloppe les aliments ou les objets précieux.
Passée dans la ceinture elle devient tablier, comme le porte la servante témoin du reniement de saint Pierre à la Brigue.


Les coiffures masculines



Diversité et hiérarchie apparaissent également dans les coiffures masculines. Travailleurs manuels et hommes de peine portent un simple calot, dont les brides sont soient nouées sous le menton, soit attachées comme ici sur le dessus du crâne. Apprêter son chaperon demande une certaine dextérité : cette longue pièce de drap est enroulée au sommet de la tête de manière à laisser dépasser les deux pans.
L'un, court, retombe sur le côté, l'autre plus long, drape souplement les épaules ; en cas de mauvais temps il peut aussi serrer davantage le cou et les oreilles pour les protéger du froid. Le pourpoint du centurion présente le même caractère exceptionnel, par la richesse décorative, par la cherté du tissu façonné.
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doridar@
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MessageSujet: Avec un "c"   Dim 14 Oct - 10:58

... parce que "c'était" et pas "s'était".
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Elfyne

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MessageSujet: Re: comment c'était au moyen âge ?    Lun 15 Oct - 13:08

corrigé

merci et dsl Embarassed

n'hésitez pas si vous voyez d'autres coquilles trainer Wink
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MessageSujet: Re: comment c'était au moyen âge ?    

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